Qu’est-ce qu’une révélation ?

Daniel Arsham

Illustration : Dans cette œuvre d’art signée Daniel Arsham, l’identité de la personne mystérieuse reste cachée sous un voile.

On m’a demandé d’intervenir dans une série de conférence sur le sujet « Bible et Philosophie ». J’ai très peu abordé la question dans mes émissions radiophoniques Epistheo. Je vais donc écrire ici quelques articles sur ce sujet, en commençant par quelques petites précisions conceptuelles.

Signification, sujet et objet de la révélation

Le mot « révélation » vient du latin revelare – retirer le voile. Son sens général est le dévoilement d’une chose cachée, quelque soit la nature de cette chose. Dans les religions théistes, Dieu est généralement à la fois le révélateur et le révélé, à la fois sujet et objet de la révélation. Dans les religions non-théistes, par exemple le bouddhisme, l’objet de la révélation concerne plutôt la souffrance et les moyens de la surmonter. Le texte sacré peut être considéré sans auteur, tel est le cas de l’étonnante école Mimamsa dans l’Hindouisme, qui nie à la fois l’existence de Dieu et l’origine humaine des Védas, mais insiste sur leur puissance et leur autorité, ainsi que sur les rites religieux.

Révélation générale et spéciale

Les religions théistes distinguent généralement la révélation « générale » et la révélation « spéciale ». La révélation générale est l’œuvre créatrice et providentielle de Dieu, visible à travers la nature. Les déistes, par opposition aux théistes, réduisent la notion de révélation à la révélation générale. La révélation spéciale, par opposition à la révélation générale, concerne les interventions de Dieu qui modifient le cours habituel des choses, à travers des miracles, une communication extraordinaire aux prophètes, aux auteurs de la Bible, aux communautés religieuses, à travers des manifestations divines telles que l’Incarnation et la Résurrection.

Révélation propositionnelle et non-propositionnelle

On distingue la révélation propositionnelle de la révélation non-propositionnelle. Dans une révélation propositionnelle, une vérité est énoncée. Au contraire, dans une révélation non-propositionnelle, c’est une personne, une action ou une chose qui est en elle-même révélée. La révélation non-propositionnelle est plus fondamentale. Dans la foi chrétienne, Jésus-Christ étant l’incarnation humaine de Dieu, il en est la révélation suprême. Contrairement à l’Islam, dans la foi chrétienne, la révélation est d’abord une personne, puis une action (la crucifixion et la résurrection) avant d’être une information (l’évangile, la Bible).

Source :

  • TALIAFERRO & MEISTER, The Cambridge Companion to Christian Philosophical Theology (2010, p. 201-203)

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